Monday, February 8, 2016

Sujet et Objet, La question de domination et diminution entres les humains (en utilisant The Bonds of Love par Jessica Benjamin et Moi, Tituba sorcière... Noire de Salem par Maryse Condé)

8 février 2016

Je me trouve récemment en train de lire deux livres liés : The Bonds of Love, écrit en 1988 par Jessica Benjamin, et Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem écrit par Maryse Condé en 1986. Les deux œuvres viennent des genres différents. The Bonds of Love est un œuvre d’analyses, sujet : La question de domination entre les humains (focaliser sur l’aspect féministe). Moi, Tituba sorcière… est un roman historique qui déroule l’histoire vrai (et jusqu’à un cinquième du livre assez démuni) de l’esclave Tituba.
             Dans les pages de The Bonds of Love, Jessica Benjamin exprime sa théorie de domination entre les humains. Elle décrit la vie en termes de sujet et objet. C’est à dire qu’il y a un sujet, ou la soi, et un objet, ou un autre (un étranger, quelqu’un de l’extérieur) avec qui et entre qui le sujet doit naviguer sa vie. De cette idée arrive-t-elle au terme : « intersubjectivity,» un terme qui suggère les relations entres le sujet et objet.
            Benjamin écrit que le sujet doit affirmer la soi envers l’objet/l’autre autant qu’il reconnaît l’autre comme un objet avec subjectivité. Sinon, le sujet détruit l’objet et au même temps le possibilité d’être reconnaître par cet objet. (Dans la vie, chaque personne joue la rôle de sujet et objet, voilà le point qui encercle tous).
            Ce matin en lisant le quatrième chapitre de Moi, Tituba sorcière… je trouve au soudain une citation qui démontre parfaitement les termes de cette idée de « intersubjectivity » de Jessica Benjamin. Tituba, en train de nettoyer une chambre occupée par la maîtresse et ses amies, pense :
           
« Elles parlaient de moi, mais en même temps, elles m’ignoraient. Elles me rayaient de la carte des humains. J’étais un non-être. Un invisible. Plus invisible que les invisibles, car eux au moins détiennent un pouvoir que chacun redoute. Tituba, Tituba n’avait plus de réalité que celle que voulaient bien lui concéder ces femmes. » (pp. 44 de version Folio).

Tituba décrit sa réalité comme dépendent sur les autres femmes. Ces femmes blanches viennent du système (un système qui existe toujours aujourd’hui, que je veux explorer ici dans ce blog à l’avenir) qui rejette l’équilibre « intersubjective » au lieu de l’omnipotence sur l’autre, sur l’objet. À tour de rôle les femmes rejettent la réalité de Tituba, en la rendant un non-être. Il n’y a rien à gagner pour l’humanité qui se conçoit dans ces termes. Ce déséquilibre des relations entre sujet et objet (ce qui est décrit comme « intersubjectivity ») engendre de la subjugation, criminalisation, diabolisation et de la révolution. Mais un cycle de malaise puis révolution établit le chaos. C’est à dire qu'une société qui est toujours en cycle de se révolter contre le grand sujet omnipotent et puis de rétablir avec des nouveaux sujets omnipotents ne peut jamais réussir en masse.
            Ce déséquilibre détruit de l’humanité. Au moment où le sujet se risque de détruire l’objet au lieu de l’accepter comme un autre avec subjectivité, le sujet se débarrasse-t-il de l’autre qui l’aurait reconnu comme sujet. Prenez cette citation suivant de The Bonds of Love :
           
« Only he exists. The other is effaced, has nothing real to give him. The painful result of success in the battle for omnipotence is that to win is to win nothing: the result is negation, emptiness, isolation. » (pp. 35)


Un point final à faire : cette attaque contre l’équilibre de subjectivité se lié de profondeur avec l’idée de monothéisme (nous voyons dans les pages de Tituba qu’elle faut apprendre les prières) et de la système patriarcal du monde. Le Dieu omnipotent et son héritier souverain règnent. Pareil en termes de gouvernement américain. Nous ne sommes rien que les objets sans subjectivité. Cette sensibilité aide à engendrer l’esclavage ici chez nous et mondialement.

--Kevin Sankey

8 comments:

  1. Ton discussion sur le sujet/l'objet m'a rappelé de Simone de Beauvoir, qui écrit comment les hommes sont le sujet et les femmes sont l'autre. Aussi, je suis d'accord avec toi comme tu dit « À tour de rôle les femmes rejettent la réalité de Tituba, en la rendant un non-être. » Tu évoques les objets intéressant dans cet article.

    ReplyDelete
  2. C’est une réponse détaillé et cela ma fait penser au sujet de omnipotence dans notre vie aujourd’hui, c’est un lien d’esclavage très profond, mais vraiment intéressant. Je suis curieuse de voir si la croyance de Tituba vont contraster avec le monothéisme du temps de la même manière.

    ReplyDelete
  3. Je vraiment apprécié la lecture de votre message. Je vraiment apprécié la connexion de ces deux pièces de travail et cette idée de « intersubjectivity ». Que pensez-vous est un «équilibre des relations entre sujet et objet" idéal

    ReplyDelete
    Replies
    1. Bonne question... Je dirais qu'une bonne relation entre sujet et objet est établie de la reconnaissance mutuelle comme quelqu'un avec subjectivité. Autrement un des deux est effectivement effacé autant que l'autre devient isolé, manquant de l'affirmation comme sujet soi-même.

      Delete
  4. As-tu blogué avant? C'est bon pour faire des liens à la littérature. Je suis toujours curieux de savoir, qu’est-ce que ton connexion personnelle à l'esclavage ?

    ReplyDelete
    Replies
    1. Non non, jamais fait un blog... Plutôt des blagues. Alors je te remercie bien :) j'embarque moi-même au voyage de comprendre ma connexion. Que je bois de la café et fume des cigarettes sans doute me rapproche de l'esclavage historique et présent. Je veux bien l'explorer de plus

      Delete
  5. This comment has been removed by the author.

    ReplyDelete
  6. café et cigarettes , très français , très Kevin ! Vous êtes un naturel avec cela et j'aime entendre vos idées . Je me sens comme j'apprends tellement plus à travers vos interprétations et des comparaisons.

    ReplyDelete